Affichage des articles dont le libellé est Critiques cinéma. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Critiques cinéma. Afficher tous les articles

dimanche 25 septembre 2016

Analyse astrologique du film «Sixième Sens» de M. Night Shyamalan

À travers cette analyse astrologique de film, je tente de faire ressortir les grandes figures archétypales qui donnent vie au récit. Ce travail n’a pas pour objectif d’attribuer tel signe astrologique à tel personnage de film car comme tout être humain dans la vraie vie, les rôles de fiction sont traversés par plusieurs énergies. Cependant, il y a toujours une dominante (plus ou moins marquée) d’une énergie du Zodiaque, qui transparaît dans les caractères et / ou fonction des personnages de film. Cette analyse astrologique est accessible à tous, mais peut être plus intéressante pour un lecteur ayant quelques connaissances en astrologie. Elle permet de voir sous un autre angle un film, elle révèle sa structure symbolique et nous fait réaliser qu’une histoire nous parle car elle résonne avec notre propre thème astral et les énergies qui interagissent en lui.

Pour l’analyse du film « Sixième Sens », j’ai pris soin de ne pas dévoiler la fin pour ceux qui ne l’auraient pas vu.

The Sixth Sense - M. Night Shyamalan (1999)

Le docteur Malcom Crowe (interprété par Bruce Willis) est psychologue pour enfants. Au début du film, nous pouvons le voir avec sa femme Anna (interprété par Olivia Williams) devant un diplôme encadré, distinction de la communauté pour l’ensemble d’une carrière au cours de laquelle le psychologue n’a eu de cesser de tenter d’améliorer le quotidien de ses jeunes patients. C’est au moment où il est en train de fêter cette consécration autour d’une bouteille de vin, que resurgit dans sa vie Vincent Grey, un ancien patient qu’il n’a pas réussi à aider quelques années auparavant. Le jeune homme le ramènera sur terre en lui tirant dessus avant de se suicider.

Malcom Crowe en quête de réparation


Malcom Crowe est l’archétype du signe de la Vierge, dont la mission est d’être au service. Améliorer, perfectionner, réparer, tels sont des verbes qui résonnent chez la Vierge. L’analyse, le pragmatisme, le travail intellectuel et la communication font partie de ses qualités et sont mises en application à travers la profession de Malcom. Ce dernier est critique, il fait preuve d’une rigueur scientifique dans ses diagnostics comme en atteste son carnet rempli de notes : Son ego s’est construit autour de son mental et de raisonnements logiques perçus comme imparables. Son travail lui a valu la reconnaissance de ses pairs, cependant la Vierge a un problème avec les honneurs et la mise en valeur de sa personne, elle préfère rester l’éminence grise qui travaille cachée derrière ses livres, isolée dans son bureau. Cette distinction non acceptée, c’est Jupiter en exil chez la Vierge, fruit d’un manque de confiance et d’un excès de scepticisme. Cet exil de Jupiter se traduit par le coup de feu tiré par son ancien patient, lequel remettra en cause toutes les convictions de Malcom… remise en cause qui surviendra dans un 2nd temps, au préalable il décidera de « réparer » son échec et reportera toute son attention sur un enfant de 8 ans, Cole Sear (interprété par Haley Joel Osment).

La Vierge peut avoir une tendance à culpabiliser, par perfectionnisme. Dans le cas présent, Malcom est hanté par ce jeune homme qui s’est suicidé devant ses yeux et ne veut pas terminer sa carrière professionnelle sans venir en aide à Cole, qui a les mêmes symptômes que son ancien patient : isolement, repli sur soi et sentiment d’être visité par des esprits menaçants. Malcom se met au travail avec le sentiment que le destin lui offre une 2nde chance, avec une implication qui l’éloigne de sa femme. Vénus est en chute chez la Vierge, l’amour et les relations sentimentales ne sont pas son fort, mais les épreuves dans ces domaines sont autant de jalons pour son évolution.

Si l’enfant a mis un certain temps avant de révéler son secret au psychologue, Malcom ne le croit pas dans un 1er temps et cherche tout d’abord une explication rationnelle : il s’imagine que l’absence du père et la précarité financière de la mère sont des sources d’angoisses chez Cole.
Lorsque Malcom gagne la confiance de l’enfant et que celui-ci lui dit « voir des gens qui sont morts », il refuse de croire une chose qui sort de son cadre de référence matérialiste. Nous sommes là dans la problématique du manque de confiance et de foi en une réalité qui puisse se dissimuler derrière ce que perçoivent nos 5 sens. Ce 6e sens que possède l’enfant…

Cole et le monde de l’invisible 


Vous l’aurez peut-être deviné, Cole endosse le rôle de l’archétype Scorpion. Mais un Scorpion qui ne vit pas encore son potentiel en évolutif. Ce signe a une aptitude à gratter la surface du monde sensible, à percevoir ce qui est caché, sonder la psychologie des profondeurs et y côtoyer ses zones d’ombres. Son objectif est de les transmuter, en faire jaillir la lumière. Dans un premier temps, Cole est la victime du monde de l’invisible, il en a peur et ne sait pas comment lui répondre. Il se mure dans le silence et se dévalorise, l'enfant est écrasé par la puissance de Pluton (maître du Scorpion avec Mars). Il demande même à sa mère si elle pense qu'il est fou, Cole s'identifiant aux forces obscures qui l'assaillent. Que ce soit dans le monde des morts ou celui des vivants, Pluton est extérieur, Cole n'arrive pas dans un premier temps à canaliser en lui cette énergie destructrice, ainsi il est la cible de moqueries et de brutalité de la part de ses camarades, comme nous pouvons le constater lors de la scène de l'enfermement for à l'occasion du goûter d'anniversaire. 
Le Scorpion transparaît également dans l’attitude parfois provocatrice de Cole : il fait tomber les masques. Par exemple, cela se produit avec son professeur à qui il dit ne pas apprécier qu’on le fixe. Énervé, l’enfant finit par lui rappeler (grâce à l’aide des esprits qui l’entourent probablement) qu’il était bègue étant plus jeune. Surpris par cette remarque, le professeur perd son calme et se remet à bégayer dans un accès de colère, provoquant les rires des élèves et le renvoi de Cole.

Trop de lucidité nuit à la sociabilité


L’enfant est (extra) lucide, il perçoit le monde de l’invisible et vit entre deux eaux, ce qui explique ses difficultés à prendre racines dans le monde de la matière. Cet ancrage passe par la socialisation et les rapports humains. C’est pourquoi pour rassurer sa mère l’enfant lui fait croire qu’il a un ami, alors que celui-ci joue la comédie et vient le chercher pour faire le trajet de l’école en échange du goûter de Cole.

Ce (sale) gosse s’appelle Tommy Tammissimo (interprété par Trevor Morgan), c’est un enfant acteur qui fait de la publicité pour la télévision : contrairement à Cole, Tommy est parfaitement intégré socialement, il "brille en société" et incarne l'enfant-roi par excellence à qui tout lui est dû. Tommy se rapproche donc de l’archétype du Lion (carré au Scorpion dans le Zodiaque), mais un Lion vécu au niveau instinctif : tendance à écraser l'autre en utilisant son charisme pour nourrir son ego en occupant le devant de la scène...  Ce n’est pas à cet enfant que Cole se risquerait à révéler son secret, l’un fait sa diva et arpente les studios, tandis que l’autre préfère jouer seul aux petits soldats dans des églises.  Vénus est en exil chez le Scorpion, les relations interpersonnelles ne sont pas vécues dans la simplicité et il y a souvent une crainte de trop s’exposer, comme une peur de voir l’autre utiliser ce qui aura été révélé contre soit. Ainsi, l’archétype du Scorpion préférera s’enfermer dans le secret... mais refusera qu’on lui cache quoi que ce soit.
Pour revenir sur notre Tommy "Bling Bling" Tammissimo, la justice est rétablie en fin de film à l'occasion du spectacle de l'école, où l'enfant-star apprendra l'humilité et mettra sa créativité solaire au service du collectif (et en sourdine) en interprétant un "vulgaire" rôle secondaire. Il se confrontera ainsi à la part d'ombre du Lion, l'énergie opposée et complémentaire du Roi de la jungle : Le Verseau.

Cole et Malcom, son père spirituel


Pour Cole, le fait de vivre avec ce don paranormal lui confère un énorme pouvoir qu’il ne sait comment utiliser. La Lune est en chute chez le Scorpion : Le rapport mère-enfant n’est pas commun entre Cole et sa mère Lynn (interprétée par Toni Colette). Celle-ci est une mère célibataire qui cumule plusieurs boulots, son fils tente de la préserver et montre de ce fait une maturité précoce. À l’inverse, Lynn semble ne pas avoir fait le deuil de sa mère, ainsi on apprend à la fin du film qu’elle demandait à la grand-mère décédée de Cole si elle était fière d’elle. Telle la petite fille qu’elle était, elle a toujours besoin de l’approbation de sa mère avec qui elle n’a pas coupé le cordon même par delà la mort. C’est Cole qui viendra répondre à l’interrogation maternelle, en révélant que sa grand-mère est bien fière de sa fille, même dans l’au-delà.
Cole joue alors le rôle d’intermédiaire, il sécurise émotionnellement sa mère. Lynn pourrait ainsi représenter l’archétype du Cancer : l’image maternelle qui peut être louve lorsqu’on fait du mal à son enfant, mais aussi retomber en enfance lorsqu’elle éprouve le besoin d’être rassuré par la grand-mère.

La Lune nous apporte des informations sur les besoins naturels et affectifs de l'individu, son rapport à la dépendance, au monde du rêve et de l'imaginaire. Les besoins de Cole ne semblent pas avoir été comblés, il est réfléchi et n'exprime pas la spontanéité et l'insouciance des enfants de son âge, comme s'il avait dû grandir plus vite que les autres et endosser le poids de soucis transmis par l'univers familial... l'absence du père notamment.  À ce propos, nous pouvons constater que la relation entre Cole et Malcom, son psychologue, s’apparente à une relation filiale. C’est la sécurité d’une image paternelle incarnée par Malcom, qui permettra à l’enfant d’oser vivre son 6e sens et s’affirmer en tant que passeur d’âme. Pour cela, il faudra que le psychologue ait confiance en l’enfant et lui reconnaisse son dom. Sceptique au début du film, Malcom finira par se remettre en cause et sauter dans l’inconnu.
Dès lors, Cole entrera en action (Mars maîtrise le signe du Scorpion) suite au conseil de Malcom d’écouter ce qu’on à lui dire les morts. Une fois Mars activé, la peur s’estompe et le Scorpion se met à éclairer les monstres de l’inconscient : La bascule se produit lors de la scène où Cole prend peur sous sa tente en éclairant le visage du fantôme de Kyra Collins, une petite fille en train de vomir. L’enfant part en courant, puis décide de prendre son courage à deux mains et de rebrousser chemin pour discuter avec le fantôme qui lui demandera de l’aide.

Le 6e Sens : Une malédiction qui se révèle être un don 


Mars en maîtrise se traduit d’une autre manière dans le film : Lors de la première apparition de l’enfant, celui joue avec des figurines de soldat dans une église. Le guerrier est alors extériorisé. À la fin du film, Cole joue le rôle principal du spectacle de fin d’année scolaire et incarne un chevalier. La pièce se termine lorsqu’il brandit son épée dans le ciel. Cole a surmonté les épreuves qui l’ont amené à devenir un guerrier de la lumière. Il a réussi l’opération alchimique de la transmutation du plomb en or et de ce fait, il est parvenu à s’ancrer dans la monde de la matière : entouré des autres enfants de sa classe, Cole est reconnu comme faisant partie des leurs. Le Scorpion est dès lors vécu en évolutif, il a intégré sa part d’ombre le Taureau et l’enfant retrouve le sourire et la joie de vivre.

Au moment où l’enfant s’ancre dans la réalité physique, Malcom accompli la mission qu’il s’était donné, il peut enfin dissoudre son ego et lâcher le mental pour se réconcilier avec l’amour (Vénus est en chute dans le signe de la Vierge pour rappel). Je me permets d'associer sa femme Anna à l'énergie des Poissons, le signe opposé et complémentaire de la Vierge : Le don de soi caractérise ce personnage, elle a soutenu son mari pendant toute sa carrière. Elle souffre de la distance avec lui et s’abandonne aux médicaments pour fuir sa réalité, les addictions peuvent être une tendance négative de Neptune, planète maîtresse des Poissons (avec Jupiter). La mélancolie d’un Eden perdu est parfois un des traits de caractères des Poissons, Anna regrette la période fusionnelle vécue avec Malcom, comme en atteste la vidéo de leur mariage qu’elle regarde dans la dernière scène du film. L’amour est une révélation pour Malcom, à travers les souvenirs de sa relation conjugale, il comprend alors qui il est vraiment, au-delà des apparences… 

Le film se termine par un fondu au blanc, comme une lumière éblouissante qui inonde l’écran. L’amour pour sa femme ouvre la porte de Malcom sur l’amour universel, la fusion avec le grand Tout. Le serviteur psychologue a traversé les épreuves qui lui ont permis de trouver une résolution à l’opposition entre les signes de la Vierge et des Poissons.

jeudi 22 octobre 2015

Ivy et "ceux dont on ne parle pas"

"Le Village" est un film fantastique / thriller réalisé par M. Night Shyamalan, et sorti en 2004. 
Il raconte l'histoire d'ne petite communauté isolée qui vit dans la terrifiante certitude qu'une race de créatures mythiques peuple les bois entourant le village. Cette force maléfique est si menaçante que personne n'ose s'aventurer au-delà des dernières maisons, et encore moins pénétrer dans les bois...

"Après le 11 septembre, j'ai réagi comme chacun le ferait : c'est-à-dire en l'écrivant. Et cela a donné le Village. Je n'avais pas prévu d'écrire et encore moins de faire un film politique, mais beaucoup de gens voient le film de cette façon. Et je peux les comprendre car il est né d'une réaction à des heures de terreur et de peur. 
Pour moi, de bien des façons, l'élément surnaturel du film est l'amour. 
Ce que l'amour peut faire, ce qu'il peut vous faire faire, pouvez-vous devenir surhumain à cause de l'amour, l'amour peut-il faire des miracles, pouvez-vous traverser l'enfer ? Il y a d'ailleurs une métaphore sur cette plongée en enfer à travers ce que fait l'héroïne du film : est-ce que l'amour nous aidera dans ces épreuves, les miracles vont-ils s'enchaîner parce que vous êtes guidé par l'amour ? Quand on parle de retournement de situation et de peur, ce sont des éléments du film, mais ce n'est pas le cœur de l'histoire. Au cœur de cette histoire il y a d'abord des personnages et les éléments surnaturels ne sont là que pour la foi. Et ce sont des éléments qui vous restent en sortant du film. 
Mes histoires ne parlent pas seulement d'aliens, de super-héros, de fantômes ou de créatures dans les bois : ce sont simplement des prétextes pour parler de la foi."

Interview du réalisateur M. Night Shyamalan par Olivier de Bruyn pour le magazine Première (2004, p.42).

Ma critique du film "Le Village" de M. Night Shyamalan
Le cinéma de M. Night Shyamalan

Ivy et "ceux dont on ne parle pas" / Ivy and "those we don't speak of"
Dessin vectoriel inspiré du film "Le Village"




mercredi 18 juin 2014

Lady in the water


Détournement de l'affiche du film "La Jeune fille de l'eau" du réalisateur M.Night Shyamalan.




Pour en savoir plus sur le film sorti en salle en 2006.

jeudi 19 septembre 2013

Unbreakable


Détournement de l'affiche du film "Incassable" du réalisateur M.Night Shyamalan.



jeudi 16 octobre 2008

La Jeune fille de l'eau

"J'ai été vraiment surprise par l'originalité de ce film. Et de voir combien il est émouvant, riche et à plusieurs niveaux de lecture. J'aime beaucoup son message : l'importance d'avoir foi dans le fait que chacun trouve sa voie, et accepter parfois de la trouver de façon surprenante et inattendue. Chaque personne a un rôle à jouer ici bas, c'est un message important, je trouve. Bien que La Jeune fille de l'eau soit au départ un conte que Night a inventé pour ses enfants, je crois que c'est un message qu'il convient de répéter aux adultes."

Propos de l’actrice Bryce Dallas Howard recueillis à New York par Yoann Sardet le 10 juillet 2006


Mercredi 23 août 2006 est sorti en France le film La Jeune fille de l’eau. J’attendais avec impatience le dernier opus du maître Shyamalan, deux ans exactement après la sortie du Village. Je ne sais pas si je suis LE plus grand fan de ce cinéma si original, mais je fais parti de ces personnes qui ont vu ces films comme des expériences. Chacun des films du réalisateur m’a fait me poser des questions et a fait écho avec ma vision du monde. Un peu comme l’écrivain Paulo Coelho le fait mais à travers ses livres. En ce sens, le cinéma de Shyamalan est celui que je préfère car il met en images ce que je souhaite voir, ses messages reflètent le mieux ma philosophie de vie. Pour résumer un peu le scénario, Cleveland Hepp (Paul Giamatti), le concierge d’un complexe résidentiel, voit sa vie basculée la nuit où il trouve une nymphe (Bryce Dallas Howard) dans la piscine. Dotée de dons de voyance, Story est venu révélé à chacun des habitants de l’immeuble leur avenir, lequel est étrangement lié au sien. Originaire du « Monde bleu », elle ne pourra y retourner qu’en évitant les attaques d’un « Scrunt », sorte de loup au pelage fait d’herbes et chargé de tuer les nymphes égarées. C’est en décryptant une série de codes avec l’aide de Cleveland et des locataires que leur destin sera scellé.

Qu’ai-je donc pensé de La Jeune fille de l’eau ?

Tout d’abord je tiens à dire que j’ai beaucoup aimé. L’histoire de cette « narf » (sorte de nymphe aquatique issue d’une légende asiatique) qui rejoint le monde des hommes pour leur faire prendre conscience de leur place dans l’univers est typiquement « Shyamalanesque ». Nous avons tous un rôle à jouer, ce rôle n’est pas forcément celui auquel on pense. Ce conte philosophique, que le réalisateur racontait à ses enfants, est éclairé par cette idée humaniste à laquelle j’ai toujours adhéré ; la fin du film illustre magnifiquement ce lien que nous avons tous entre nous, mais que nous ignorons bien souvent. Les créatures du « monde bleu » sont là pour nous le rappeler et faire évoluer l’humanité. Le message des personnages hauts en couleur de l’histoire empreint de spiritualité semble affirmer que seul l’amour sauvera l’humanité. J’ai tendance à y croire, même si ici le côté naïf et crédule des personnages nous fait bien comprendre que l’on est dans un conte de fée.

Tout est intentionnellement simplifié, personne ne se pose de question quant à l’apparition de cette nymphe au teint blanchâtre et cela pourrait refroidir certains spectateurs. Il est en effet nécessaire d’adhérer dès le début au fait que ce soit un conte, pour pouvoir se laisser transporter ; et le fait que cette fable se joue dans un contexte réel avec des adultes peut rendre la chose difficile. Ainsi le film est davantage « Tout publics » que les précédents, plus divertissant (attention au loup quand même il fait flipper !), mais faussement enfantin. Car le message est bien toujours là, aussi profond que dans Le Sixième Sens, Incassable, Signes, ou Le Village... et c’est cela le principal à mes yeux ; cela qui me fera préférer La Jeune fille de l’eau a un autre film de divertissement.

Tous les ingrédients présents dans ses autres films sont présents : du surnaturel qui émerge dans le quotidien, une intrigue construite comme un puzzle où toutes les pièces ont leur importance, la magnifique musique composée par James Newton Howard et de l’eau, élément important pour le réalisateur, probablement en raison de sa symbolique.
Le réalisateur ne se contente pas de reprendre ces mêmes formules, il innove par exemple en ne terminant pas son film par un traditionnel coup de théâtre....mais en y réfléchissant bien, le film lui même peut se voir comme un coup de théâtre à lui tout seul tant il regorge d’idées originales et est impossible à cataloguer. Conte pour enfants ? Thriller ? Comédie ? Film philosophique ? Un peu de tout ça en même temps.

Je serai honnête en disant que quelques petits détails ne m’ont pas plu…preuve que je ne considère pas Shyamalan comme une divinité et que je garde mon objectivité…
J’ai lu de nombreux articles et critiques au sujet du film, avant d’aller le voir en salle, ce n’était pas une surprise de constater que l’accueil de la presse était plutôt froid comme pour ces films précédents. Pourtant, je dois avouer que cette fois-ci les critiques étaient recevables.
La critique justement…
Le réalisateur a dû en souffrir, lui qui semble essayer de fédérer le maximum de gens autour des idées qu’il véhicule ; le fait que le projet de ce film fut refusé par les studios Disney a dû renforcer son isolement, sa frustration et le sentiment d’être incompris.
Un peu comme Spielberg dont il est considéré comme l’héritier pour beaucoup, Shyamalan cherche à émouvoir, à diffuser ses messages humanistes derrière un emballage populaire. Il ne veut pas forcément faire plus d’argent en attirant un public plus large, mais il veut éveiller leur conscience, le faire adhérer à sa philosophie. Oui, nous avons tous une place dans le monde, oui nous sommes tous reliés, il existe une force au dessus de nos têtes, un plan qui nous est destiné. A nous de décrypter les signes pour les découvrir.

Oui, mais voilà, on est en droit d’y croire ou pas. Certains comme moi n’ont pas besoin d’un film pour suivre cette idée, d’autres ne seront pas réceptifs à ce genre de message où ne chercheront pas au cinéma ce genre de discours. Il est impossible pour Night de réunir tout le monde à sa cause, je dirais même que c’est une bonne chose sous peine de voir son cinéma qualifié de « totalitaire ». Ce que certains critiques n’ont pas hésité à faire.
Cette pointe dirigée à l’égard du réalisateur n’est pas fondée à mon avis, même si La Jeune fille de l’eau aurait gagné à être aéré. En effet l’histoire ne se déroule que dans les bâtiments et les alentours de la piscine, une sorte de huis clos causé par la présence du « Scrunt » à l’extérieur, prêt à bondir. Cette forme d’enfermement était légitime dans le récit du Village, ici c’est mois évident. Peut être Night a-t-il voulu retranscrire le monde matériel, cloisonné et sclérosé des humains. N’empêche que la critique s’est jetée sur ce détail pour y voir une tentative de l’auteur d’isoler les personnes qui aiment ses films et leur message (les résidents de l’immeuble) et de les opposer au reste du monde, assimilé à la créature maléfique.
Le fait que Shyamalan se soit attribué un rôle relativement important dans le film serait un moyen pour lui de s’imposer comme un gourou. Il y joue le rôle d’un écrivain dont le message de ses livres éveillera l’humanité à un autre niveau de conscience.
Je pense qu’en endossant ce rôle, Night a pris le risque d’être considéré comme un être prétentieux. Ce dont il se défend à travers les dialogues de son personnage. Il est clair cependant que cette technique n’est pas la meilleure pour mettre les gens dans sa poche.

La critique encore elle, est incarnée dans son film par le personnage dont le métier est justement d’être critique de cinéma. Le réalisateur semble s’en prendre à ses détracteurs en se servant de son film, et c’est ce que je lui reproche. Quiconque ne connaît pas ses antécédents avec la presse n’y verra probablement rien, mais pour ceux qui comme moi connaissons cette relation houleuse on ne peut que sortir à ce moment là de l’histoire. La réalité reprend le dessus un instant.
Ainsi le personnage du critique est représenté comme un être sans cœur, aigri de la vie, qui ne comprend rien aux films, privilégie la forme au fond, et pense détenir la vérité. Il se fera d’ailleurs dévorer par le Scrunt dès leur première rencontre dans les sous-sols du bâtiment.

Voilà donc la principale critique que je pouvais faire sur La Jeune fille de l’eau, le fait que le réalisateur se soit trop impliqué et ait voulu faire une sorte de bilan de l’ensemble de son œuvre et de sa relation avec son public en se servant du récit du film.
Je trouve aussi dommage que le personnage de story, joué par l’excellent Bryce Dallas Howard, ait été trop peu exploité. Je la préférais dans le rôle d’Ivy, à l’opposé de celui de story bien plus effacé. Le paradoxe ne s’arrête pas là si l’on y regarde de plus près, en effet en même temps que Story voit l’avenir et est timide, Ivy est aveugle et aventureuse. Est-ce un hasard ?
De la part de M.Night Shyamalan je pense que ça ne l’est pas. Tout est minutieusement calculé, il semble aimé avoir le contrôle sur tout. Né le 6 août 1970, Mejo (le M. de son nom) est Lion et si je faisais un parallèle avec l’astrologie (allons-y !), la mission de ce signe est d’être le représentant de notre royauté intérieure. Au niveau le plus élevé de vécu, l’énergie Lion veut faire prendre conscience à travers ses capacités que l’humain est un être extraordinaire, que nous sommes tous des rois et des reines, des êtres de lumière.
En ce sens la fin du film illustre parfaitement cela, encore plus que dans ses précédents ; néanmoins peut être est-il tombé aussi dans un des dérivés du signe en mettant un peu trop en avant son ego à un petit moment du film…
Mais moi-même qui suis Lion, je ne peux pas lui en vouloir.

Il n'y a pas de hasard, les signes que le destin déposent sur notre route pour nous aider à traverser des périodes difficiles peuvent prendre différentes formes; voilà le message le plus important que je retire des films de Night et de La Jeune fille de l'eau en particulier.

J’attends avec impatience ses prochains films et je suis prêt à revoir cette Jeune fille de l’eau, si mystérieuse.













Bryce Dallas Howard et Paul Giamatti dans La Jeune fille de l'eau (2006) - M.Night Shyamalan

Le Village

Je ne suis pas particulièrement fan des films d'époque mais paradoxalement je dois reconnaître que l'un de mes films préférés (mon préféré?) fait partie de cette catégorie... Certainement parce que malgré les costumes du XIXe siècle, Le Village de M.Night Shyamalan fait écho à notre actualité.

J'ai déjà rédigé un billet consacré au cinéma de M.Night Shyamalan, à son style tout en sobriété, en plans précis et en profondeur de message dont la marque de fabrique est la révélation finale qui reconstitue toutes les pièces du puzzle et donne du sens au moindres détails distillés au cours du film. Rien n'est jamais laissé au hasard, le message véhiculé dans son œuvre laisse d'ailleurs penser que le réalisateur (mais aussi scénariste, producteur et acteur de ses films) ne croit pas au hasard...Ses premiers films célèbres (avant Wide awake et Praying with anger) que sont Le Sixième Sens, Incassable et Signes ont comme point commun de faire réfléchir le spectateur, de le mener à se poser des questions philosophiques, pour peu que son œil regarde au delà du thème fantastique traité.

L'histoire du dernier film se déroule en 1897, les habitants d'un village isolé vivent dans la peur de "ceux dont il ne faut pas parler", créatures menaçantes que personne n'a vraiment vu mais dont la prétendue existence rappelle régulièrement qu'il ne faut pas franchir les limites du village. Seul le jeune Lucius (Joachin Phoenix) ne se laisse pas intimider ni par leurs avertissements, ni par les secrets qui pèsent sur les aînés du village; encouragé par Ivy (Bryce Dallas Howard), une aveugle qui l'aime, il projette de traverser les bois...
La vérité se trouvera au bout de la forêt.

Parler des films de Shyamalan en évitant de raconter le dénouement n'est pas chose aisée, néanmoins le parallèle avec les États-Unis de l'après 11 septembre peut être établi sans risquer de donner des pistes au spectateur en ce qui concerne la fin du Village, même si cette étiquette "film post 11 septembre" collée prestement par les critiques français fait oublier que cet isolement représenté peut tout aussi bien être transposé chez nous... La peur de l'inconnu n'est pas réservée aux États-Unis, c'est bel et bien un sujet universel et intemporel et on en attendait pas moins avec Night.
Le film appartient au genre du fantastique, c'est un film qui fait peur, mais comme toujours chez le réalisateur, le thème choisi n'est qu'un prétexte : Après les fantômes, les super héros et les extra-terrestres, ce sont les créatures issues de contes populaires et autres superstitions qui servent de support à une analyse de la peur, des effets qu'elle produit, comme de son exploitation afin de parvenir à ses fins.

Le Village peut donc se voir comme une métaphore du pays de l'oncle Sam mais aussi de tout système politique (ou religieux) cherchant à distiller ses valeurs par la référence au mythe. Dans le film, les anciens qui assurent l'organisation de la communauté et perpétuent la croyance en des mythes intouchables agissent avec de bonnes intentions, cet usage du pouvoir s'apparente clairement à ce qui se fait dans les religions, lesquels cherchent à fédérer ses disciples et ainsi les contrôler, assurer le maintien de l'ordre dans la communauté.

Très intelligemment, Shyamalan met en avant les bons et mauvais côtés de l'utilisation de cette mythologie, de ce fait le réalisateur différencie clairement ce qui est du domaine de la superstition (associée aux systèmes de pouvoir religieux) et celui de la foi.
Foi et religion sont clairement séparé, les jeunes Ivy et Lucius incarnent cette foi qui efface les frontières, pousse à se dépasser et à réaliser des exploits; cette foi est animée par l'amour, à l'inverse de la structure mise en place par les anciens et régie par des normes, des règlements et des idées théoriques. La foi issue du cœur ose prendre des risques, remettre en cause l'ordre établi, révolutionner les petites habitudes mais n'est pas exempt de frayeur et de doutes, à l'inverse la structure gouvernementale apporte la sécurité, le confort, la rationalité mais contraint à des limitations, soumet à des rituels, une hiérarchie.

Pourquoi ai-je tant aimé le Village?

Tout d' abord pour le style de Shyamalan dont j'ai parlé précédemment, l'ambiance mélancolique instaurée par la musique de James Newton Howard (formidables morceaux de violon!) et ensuite pour les questions que posent le film en ce qui concerne l'ambivalence entre les bonnes intentions d'un système de pouvoir et les résultats escomptés (L'Enfer est pavé de bonnes intentions), l'appréhension de notre "réalité", le rôle de l'amour dans notre évolution personnelle. L'amour y est d'ailleurs représenté sous deux formes bien différentes, celui parental, protecteur, possessif, sécurisant et quelque peu étouffant de l'assemblée des anciens pour leur communauté ; l'autre facette de l'amour se retrouve dans le lien qui unit Ivy et Lucius, lien qui les pousse à se surpasser, à sortir des sentiers battus et oublier leurs repères... un amour insécurisant qui effraye par l'absence de lisibilité de ce qui se présente devant soi.

Le véritable amour peut-il se vivre sans la peur? La peur de se lancer? De perdre l'autre? D’être rejeté?
C'est cette peur qui transcende la relation et fournit le combustible nécessaire à la foi en l'autre, à la projection vers l'avenir et à la dissolution de l'ego au profit du bonheur de l'autre.
L'amour a besoin d'être mis en danger, garder sa part de mystère, il ne peut stagner et sentir la naphtaline car il est en constante évolution, inutile de lui imposer des limites, des codes, des rituels, des principes, il n'en a cure puisqu'il ne va pas de paire avec notre raison qui l'ennuie profondément. Le personnage d'Ivy qui est non voyante, représente parfaitement cette idée d'un amour aveugle qui brise les conventions et les apparences pour aller chercher l'authenticité de la personne, son âme, "voir sa couleur".

Et que dire de l'ambigu personnage de Noah Percy incarné par l'excellent Adrien Brody, fou du Village, électron libre et réel déclencheur et finisseur de l'intrigue (à son insu?)...
Il personnifie l'amour impossible, l'amour poussé à la folie, troisième facette de l'amour située sur l'échelle des nuances à l'opposé de l'amour rationalisé des anciens du conseil, l'amour libérateur d'Ivy et Lucius semble être le juste milieu, l'équilibre parfait entre les élans du cœur et la conscience raisonnée.

Tout le monde peut s'identifier à ses différentes manifestations d'amour, qui prennent pour cadre une communauté du XIXe siècle... Une ambiance à "la Petite maison dans la prairie", le bonheur des choses simples, le contact direct avec la nature... Je ne dirai pas que c'était mieux avant (ce serait renier de nombreuses avancées, au moins dans la théorie, en ce qui concerne les droits de l'homme et l'accès à l'éducation par exemple) mais je pense qu'il y a certaines choses du passé qui auraient mérité d'être conservé, en particulier le lien que conservaient nos ancêtres avec la magie, un respect du mystère.
























Bryce dallas Howard dans Le Village (2004) - M.Night Shyamalan

mercredi 15 octobre 2008

Le cinéma de M. Night Shyamalan

Je suis un énorme fan (le + grand?) des films du réalisateur américain d'origine indienne M.Night Shyamalan.
1992 est l'année des débuts pour Mejo (le M de M.Night Shyamalan), à juste 22 ans il écrit le scénario, produit, réalise et joue dans son premier film, Praying with anger. Ce film intimiste sur le retour aux origines d'un américain d'origine indienne fut un échec tout comme Wide awake en 1998.

C'est avec Le Sixième Sens qu'il connaît la renommée dans ce film joué par Bruce Willis et Halley joey Osment comme acteurs principaux, le film fut un véritable succès au box-office, classé 10ème plus grand succès dans l'histoire du cinéma en 2000.

Cette année là il réalisa Incassable en 2000 (Bruce Willis et Samuel L.Jackson) , par la suite débouleront sur les écrans Signes en 2002 (Mel Gibson et Joaquin Phoenix), Le Village en 2004 (Bryce Dallas Howard et Joachin Phoenix), La Jeune fille de l'eau en 2006 (Bryce Dallas Howard et Paul Giamatti) et dernièrement Phénomènes sorti pendant l'été 2008 (avec Mark Wahlberg).

Night est l'exemple même du réalisateur qui génère des sentiments contradictoires chez les spectateurs...Adoré, rejeté, son travail ne laisse pas indifférent, ce qui est la marque des films indépendants, sauf qu'ici son œuvre profonde et métaphysique s'habille d'un emballage commercial. En effet sous ses allures des films Blockbusters, aux thèmes faisant généralement intervenir moult effets spéciaux et grosses explosions (fantômes, super-héros, extra-terrestres, créatures des bois...), Shyamalan distille sa philosophie humaniste, sa foi en l'homme, tout cela sur un rythme relativement lent, laissant les choses prendre place, les personnages se dévoiler, le moindre petit élément n'est pas laissé au hasard (d'ailleurs Shyamalan aussi ne croit pas au hasard!), tout est dans la sobriété, la précision et la psychologie...tout cela jusqu'au(x) retournement(s) final, marque de fabrique du réalisateur qui termine son histoire en surprenant le spectateur, chaque pièce du puzzle trouve sa place et là on se dit "merde pourquoi je n'y avais pas pensé avant!!!"...mais même si on devine la fin, on ne boude pas son plaisir!

En y réfléchissant bien le principal malentendu qui existe entre Shyamalan et ses détracteurs vient du fait qu'il "ment" en quelque sorte à ce qui viennent voir ses films, les bandes annonces ne reflétant jamais l'essence de ses films, Le Village en est l'exemple le plus marquant, mais en dire plus serait révélé un peu du dénouement... En somme le problème ne vient pas du réalisateur (lui se "contente" de réaliser, produire et écrire le scénario! De plus, comme Hitchcock, son maître, il apparait dans ses films), mais plutôt de l'équipe chargée de sa communication, de sa promotion, qui se sent obligé de fédérer un public large par des images chocs et un Teaser angoissant. Tout ses films prennent ancrage dans un contexte quotidien, anodin, lequel va subir de profondes transformations par l'arrivée d'éléments surnaturels, prétexte au message diffusé par Shyamalan, lequel se réfère bel et bien aux problèmes de notre réalité! Que se soit l'insécurité (post 11 septembre), le rôle des mythes dans les fondements d'une société, l'ambivalence des bonnes intentions et la force de l'amour dans Le Village (film historique, politique, romantique et fantastique!) , le rapport qu'on les hommes à la foi, l'instinct communautaire et les coïncidences dans Signes, la volonté de trouver sa voie dans la vie, l'idéalisation du père chez les enfants, le côté indissociable et l'ambivalence du bien et du mal dans Incassable, le lien qui existe entre les enfants et le monde de l'invisible, la nécessité d'assumer sa différence, d'être soi même pour que "l'univers conspire en notre faveur" (petite référence à Paulo Coelho) dans son plus grand succès le Sixième Sens ou son plus gros flop commercial La Jeune fille de l'eau.

Ce qui me plait dans ses films, bien plus que la mise en scène, la musique incroyable signée James Newton Howard, les acteurs choisis à contre emplois pour casser leur image (Bruce Willis et Mel Gibson par exemple!), ou le fait qu'à chaque film il se renouvelle, c'est la symbolique omniprésente, la foi que Shyamalan fait transparaître dans ses personnages; personnages imparfaits car comme il le dit ce sont ces imperfections qui les (nous) empêchent de nous conduire comme les héros que nous voudrions être, c'est pourquoi le spectateur peut facilement s'identifier à eux.
L'histoire dans laquelle évoluent les protagonistes révèlent le caractère bénéfique de certaines épreuves, de certaines imperfections qui nous bloquent mais en même temps nous donne la force d'agir. Dans le malheur il existe toujours une lueur d'espoir, un instinct de survie, rien n'est tout noir ou tout blanc et ce qui ne nous tue pas nous renforce.
Le personnage d'Ivy, jeune file aveugle, interprétée par l'excellente Bryce Dallas Howard dans le magnifique Village illustre à merveille cette idée présente dans l’œuvre de Shyamalan :
L'amour rend aveugle mais paradoxalement permet d'y voir plus clair.

La foi de M.Night Shyamalan (hindouiste par ses parents et catholique dans son éducation scolaire) se trouve dans l'amour, dans ce lien qui unit les humains et nous pousse à réaliser des choses surnaturelles. Ici il n'est pas question de religion connue, plus d'une forme de spiritualité qui ne se réfère pas à un être supérieur imaginé sous les traits d'un vieil homme assis dans les nuages, mais plus à une énergie, une force immatérielle présente en nous, à la base de notre humanité et créatrice de notre univers. Moi même j'adopte une vision similaire de ce que d'autres appellent Dieu, Allah, Jéhova, ou autre (pourquoi ce besoin de nommer?), je pense que la foi est quelque chose de personnel et de subjectif, chaque vision de la vie est une vision différente de la foi, une interprétation différente du monde en fonction de son expérience, de son éducation. Souvent ceux qui disent ne pas croire en ce que l'on appelle communément Dieu, projette cette foi ailleurs, dès lors la famille, les enfants, les amis, le monde ou/et l'amour deviennent alors ces points d'ancrage.

Pour en terminer avec M.Night Shyamalan, derrière ses films au sujet apparemment simple et au discours clair se cachent entre les lignes des thèmes universels, des questions existentielles qui mènent à la réflexion (sur notre monde et notre spiritualité) et ce même plusieurs mois après être sorti de la salle de cinéma, et ce genre de film est rare de nos jours, c'est pourquoi je ne me lasse pas de les revoir régulièrement en DVD!
Shyamalan, voilà un gars que j'aimerais bien rencontrer, lui proposer un scénario de film, je pense que ce serait le seul réalisateur qui pourrait mettre sur pellicule mon univers intérieur...

"Le monde est mû par l'amour et se prosterne devant avec crainte."

William Hurt dans le film le Village.