L'adoration de Dieu que les religions recommandent, c'est
l'intégration totale et à tout instant dans l'ordre et l'équilibre de la Création.
Tout ce qui n'est pas l'homme y participe passivement. L'homme ayant été doté
d'une conscience embryonnaire a la possibilité d'y participer volontairement.
Ou de s'en détourner au risque de sa chute.
Tel est peut-être le sens du péché originel : du fait
même de son origine, du fait même qu'il est ce qu'il est, du fait même qu'il
est tel qu'il est, l'homme peut choisir entre faire bien et faire mal.
Il ne s'agit pas, bien entendu, du bien et du mal selon telle
ou telle morale, chrétienne, ou papoue. Il s'agit de l'action bonne ou mauvaise
parce qu'elle est ou non dans l'ordre de la Création.
Mais l'homme d'aujourd'hui n'a plus le choix, car il ne sait
plus où est le bien. On lui propose des « biens » divers, moraux,
politiques, légaux, sociaux, familiaux, religieux, mais le bien essentiel lui
échappe, il en ignore même l'existence. Il ne peut plus collaborer à l'ordre de
la Création parce qu'il ignore cet ordre et sa place dans cet ordre. Et il crée
le désordre par le fait même qu'il existe sans participer à l'ordre.
La Faim du tigre, René Barjavel, Édition Folio, p. 138.
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